Pratique de la méditation zen 

Comme dans le miroir précieux,
La forme et le reflet se regardent,
Vous n’êtes pas le reflet,
Mais le reflet est vous
.
Hôkyô Zan Mai, Samadhi du Miroir précieux, Tozan Ryôkai (IXe siècle).

Voie de la paix intérieure et de la sérénité

Qu’est-ce que la méditation zen ? 

Pratique de la méditation zen

Harmonisation corps-esprit. La pratique de zazen apaise les émotions, procure la sérénité et apporte la compréhension de soi et du monde. 

Espace de sérénité

Faire l’expérience du calme et du silence permet de se retrouver soi-même, d’être réceptif aux pensées qui surgissent, sans les retenir, ce qui produit un état de conscience profond. 

Art de vivre 

Il est possible de vivre chaque instant avec liberté et sagesse, indépendamment des circonstances extérieures. C’est vivre en harmonie avec le Dharma, la véritable nature de l’existence. 

Histoire du Zen

Le Bouddha Siddhata Gautama est né au IVe siècle avant notre ère (env. 566-485) dans un village du Népal au pied de l’Himalaya au sein d’une famille de nobles guerriers, le clan des Shakya. Face à la misère des êtres et pour comprendre l’origine de la souffrance, il quitte sa condition nobiliaire et décide  d’adopter l’existence d’un religieux itinérant. Après avoir vécu avec des ascètes, il abandonne la mortification pour méditer et réalise l’Eveil, la paix suprême dans la posture de dhyâna, du lotus, sous l’arbre de la Bodhi.  Il invite ses anciens compagnons à réaliser l’Eveil en se libérant de leurs illusions.

Il leur enseigne notamment les Quatre Nobles Vérités : la vérité de dukkha (lié à la souffrance et à l’impermanence) qui représente les cinq « skandha » (agrégats inhérents à l’existence de l’être), l’origine de dukha, la cessation de dukha, l’au-delà de dukha. 

Il leur présente également le Noble Chemin Octuple qui leur expose les huit conduites justes à adopter pour réaliser la Voie du milieu, chemin de la tolérance qui favorise la paix intérieure. 

Ces notions conduisent à la dimension éthique du Bouddha : « Eviter le mal, faire le bien et purifier son esprit. »
Vingt-sept patriarches indiens ont transmis en Inde l’enseignement du Bouddha, puis ce sont vingt-trois patriarches chinois, et de nombreux successeurs japonais à partir de Dôgen, qui diffusa le Zen au Japon en 1227.

Bouddha au Musée Guimet

Les grands fondateurs du Zen

Vingt-huitième patriarche du Bouddha et premier patriarche chinois

Bodhidharma

Né prince du royaume de Pallava, en Inde du Sud, et fils du roi de Kanchipuram, Bodhidharma était très jeune quand il a abandonné son royaume et son statut de prince pour devenir moine. Il a environ vingt-deux ans quand il traverse l’Himalaya pour venir diffuser le message du Bouddha en Chine.

Ainsi, il est à l’origine de l’école Ch’an en Chine, courant contemplatif du Mahāyāna, qui met l’accent sur la méditation directe (dhyāna) plutôt que sur l’étude des textes. Aucunement intéressé par les propositions de l’empereur chinois Wu, il s’éloigne de la cour pour mener une longue pratique de méditation contemplative en solitaire, pendant neuf ans. Sa recherche est celle de la sagesse pure et de la vacuité dépassant la dualité et l’inutilité du langage pour transmettre le Dharma, notion exprimée dans une de ses célèbres stances :

« Le zen va droit au cœur.

Vois ta véritable nature et deviens Bouddha. »

Cinquante-et-unième successeur du Bouddha Shakyamuni, réformateur du Zen japonais et fondateur de l’école Sôtô au Japon.

Issu de la haute aristocratie japonaise et devenu très tôt orphelin, Dôgen se voua à la recherche spirituelle. Il se rendit ainsi auprès du Maître Ryônen Myôzen (1184-1225) au Kenninji où il s’initia au Zen.

En 1224, animé d’une forte détermination pour cette pratique, il se rendit avec Myôzen en Chine où il demeura trois ans et reçut la transmission de Maître Nyojô, abbé du monastère Tendosan Keitokuji, héritier de la tradition Sôtô.

De retour au Japon, il écrivit le Fukanzazengi, les règles universelles pour la pratique de zazen, afin de faire connaître le Dharma du Bouddha qui avait été authentiquement transmis. Près de Kyôto, il fit construire le premier monastère spécifiquement zen au Japon, le Kôshôji à Uji.

En 1243, il partit avec ses disciples dans la province d’Echizen où il fit construire le monastère du Daibutsuji rebaptisé par la suite Eiheiji, « Temple de la paix éternelle ».

Eihei Dôgen

Un des plus importants maîtres zen de l’école Sōtō du XXe siècle.

Kodo Sawaki Roshi

Né dans la petite ville de Tsu, Mie, Kōdō Sawaki vient d’une famille aisée de sept enfants. Devenu très tôt orphelin, il est confronté à de nombreuses difficultés, et se tourne vers la pratique du Zen Sôtô où un maître lui enseigne l’esprit juste : seulement s’asseoir en zazen, sans aucun but. En 1908, après la guerre russo-japonaise et celle avec la Chine, il suit des études de philosophie, mais ne néglige pas la pratique de zazen et se réfère toujours au Shôbôgenzô de maître Dôgen.

À partir de 1923, il voyage au Japon pour donner des conférences dans les universités et les prisons, et s’adresse donc tant aux laïcs qu’aux futurs moines, puis il devient professeur à l’université de Komazawa et participe à la fondation de nombreux dojos. Il est surnommé « Kodo sans demeure » car il ne pratique pas dans un temple fixe et voyage toujours seul.

En 1936, il est godo du temple Soji-ji quand Yasuo Deshimaru devient son disciple. C’est à lui qu’il demande ensuite de répandre l’enseignement du Bouddha en Occident.

Un rôle majeur dans la transmission du Zen Sôtô en Occident.

Il enseigne la pratique du Zen de 1967 à 1982.

Né dans un village sur la côte sud du Japon, non loin de la préfecture de Saga, Yasuo Deshimaru a grandi auprès d’une mère très fervente et d’un grand-père qui avait enseigné le judo aux samouraïs pendant la période Meiji (1868-1912). Son père, un petit armateur, présidait une coopérative agricole et piscicole dans le village.

En 1934, il suit des études d’économie à l’université de Tokyo.

En 1936, il devient le disciple de Kodo Sawaki, un des principaux réformateurs du Zen Sôtô au Japon qui lui demande de poursuivre la pratique tout en restant actif dans la vie civile. Après l’avoir ordonné moine, Kodo Sawaki l’enjoint de transmettre la pratique du zen en Europe. Il se rend donc à Paris en juillet 1967 et pratique zazen dans l’arrière-boutique d’un groupe macrobiotique. Il attire peu à peu des disciples qu’il initie au Bouddhisme zen et fonde bientôt plusieurs dojos en France, en Europe et à travers le monde.

En 1975, il reçoit la transmission officielle de Yamada Zenji, abbé de Eihei-ji.

En 1979, son œuvre missionnaire, qui prend de plus en plus d’ampleur, aboutit à la création du temple de la Gendronnière, le premier temple zen Sôtô de l’Occident, près de Blois en France.

Maître Taisen Deshimaru